D’amour et de vitres sales : l’Islande vue de mon tracteur

6 commentaires
Borgarnes, Islande, Ouest

L'Islande vue du tracteur

Il y a des histoires d’amour qui commencent au point mort, et finissent dans un fossé. Ou l’inverse.

Lui et moi, on n’a pas forcément bien commencé. J’étais trop enthousiaste, lui un peu froid, un peu rouillé. Je voulais en faire mon nouveau jouet, que je maîtrise au doigt et à l’œil, que j’écoute uniquement quand ça me chante, que j’oublie jusqu’à la prochaine envie. Forcément ça a calé. Un faux départ comme parfois dans les histoires d’amour.

Point mort. Contact. L’histoire redémarre.

C’était un peu grippé, mais on a filé droit un temps, au milieu du blizzard ambiant. Je lui ai serré les boulons plus d’une fois, pour qu’il arrête de me faire péter des câbles. Car Monsieur est capricieux, il m’a fait le coup de la panne si souvent au milieu de nulle part que j’en aurais presque des notions de mécanique. Beaucoup plus fragile qu’il en a l’air celui-là… Et rien n’est jamais acquis, même quand la route semble toute tracée : notre histoire s’est embourbée, lamentablement. Je n’avais même pas vu arriver l’ornière. J’ai crié de rage au milieu de la tempête et il n’a pas bougé, pas moyen de négocier face à son indifférence massive. Avec ce gros lourdaud, tu peux remballer tes colères ou tes sourires : c’est lui qui mène la danse, même si c’est toi qui est censé conduire. J’ai (encore) mis de côté mon impatience, respire à fond on reprend à zéro.

Point mort. Contact. Ça redémarre, ouf.

Notre histoire est repartie comme sur des roulettes roues motrices. Parce qu’il m’a fallu du temps pour le comprendre, à tâtons avec mes jambes trop courtes pour le manœuvrer à plein régime, avec mes mains aux ongles vernis un peu hésitantes sur les trop nombreux joysticks. J’y ai collé des stickers pour m’y retrouver, un peu d’étoiles dorées dans ce monde de brutes. Et si je l’ai souvent comparé à une manette de jeu vidéo géante, c’est bien le frein à main qui, plus d’une fois, a empêché notre histoire de finir dans le fossé.

Avec ses 5 tonnes, ses essuie-glaces infatigables et ses roues plus grandes que moi, il a été mon partenaire particulier pour affronter l’hiver islandais. Après tout, quoi de plus protecteur qu’un tracteur ?

chevaux islandais sous la neige

 PS : toute ressemblance avec des évènements ou des personnes ayants existé ne serait que fortuite et pure coïncidence. (L’écriture n’est parfois qu’un jeu de fiction.)

PS 2 : Merci à mon (2e) boss pour son indulgence devant les clôtures fracassées par mes manœuvres imprécises, et pour sa proposition « si tu t’ennuies dans ton nouveau boulot / un week-end, tu appelles et je te laisserai conduire le tracteur » (oui parce qu’il va vraiment me manquer, ce tracteur).

PS 3 : cet article n’est pas sponsorisé par Massey-Ferguson.

6 thoughts on “D’amour et de vitres sales : l’Islande vue de mon tracteur”

  1. cariven dit :

    salut Sophie c’est super ton voyage ,si tu passe par le Quebec j’ai un contact sur Drummondville Est du Quebec une station radio (cibiste) que j »ai contacté plusieurs fois depuis notre nouveau départ en région bordelaise

    • Bien noté tonton ! A priori ce n’est pas pour tout de suite mais c’est toujours bon à savoir. Des bisous à Bordeaux !

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